Le cross des districts : une petite fête avec des baskets
Quand les districts se « cross-ent »
Le mercredi 21 octobre 2026, le cross des districts a réuni environ 850 élèves au parc Vairai, sous un beau soleil et sous l’œil d’environ 150 professeurs. Entre trac, fous rires et ambitions, le cross des districts a rappelé une règle simple : courir, sourire et prendre du plaisir.
Le jour J, on arrive dans une arène de lions où tout le monde veut gagner. Le ciel, de son côté, avait enfin fait son travail, contrairement aux jours de pluie que l’on avait connus ces dernières semaines : c’était comme si on avait réservé le soleil pour nous. À Taravao, les dernières semaines de pluie n’ont pas aidé et les élèves du lycée polyvalent n’ont pas pu s’entraîner davantage, comme cela était prévu. Maribel, Charlène, Mila et Hoeana, en TG3, appréhendaient un peu la course. Malgré cela, elles ont quand même couru. Pour beaucoup d’élèves, la participation au cross des districts était déjà un objectif en soi : être sélectionné, c’était déjà avoir gagné.
Certains viennent d’abord pour le plaisir, d’autres pour la compétition.
À l’arrivée, tous disaient la même chose : cette course les avait fait progresser, au moins dans la tête. Ils avaient pu se surpasser, se dépasser, se défier. Tout cela en gardant toujours à l’esprit qu’il fallait passer un bon moment.
Quand on demande aux coureurs comment ils se sentent après l’effort, on obtient trois sortes de réponses. Les premiers sont ravis : la course était bonne, l’ambiance encore meilleure et le plaisir se partageait aussi bien que les bouteilles d’eau. Les deuxièmes sont déçus, car ils ont l’impression de ne pas avoir tout donné, mais ils reconnaissent que l’expérience était positive et l’ambiance « géniale ». Les troisièmes sont fiers : ils ont tout donné, savent qu’ils auraient pu faire mieux et comptent bien progresser pour la prochaine fois. Nombreux sont ceux qui disent que, pour avoir un « esprit sportif », il faut être solidaire, courageux et savoir persévérer. L’idée est que, seul, on va souvent plus vite ; tous ensemble, on peut aller plus loin.
Du côté du lycée Paul Gauguin, la première course de l’après-midi était celle des garçons. Le gagnant parle d’ « une expérience en or » : elle lui a permis de s’améliorer et d’affronter les meilleurs. Il a hâte et est prêt à recommencer si l’occasion se présente. Selon Rocher Hinengao, du lycée Tuianu Le Gayic de Papara, adepte zélée de sports tels que le surf ou la course. Elle visait le top 15 et espérait une compétition amusante, elle a fini troisième de sa catégorie avec un grand sourire de fierté. La course était intense et le terrain ne lui plaisait pas, elle en est pourtant sortie en la comparant à « une petite fête ». Pas mal pour un parcours dont elle n’aimait pas le sol, qu’elle trouvait trop plat.
Chez les filles de Pomare IV, Meherio Hatete, en terminale générale, s’était fixée deux objectifs : ne pas finir dernière et profiter de la journée. Elle a rempli son contrat. Elle a même dépassé des garçons et a vécu avec son école une première expérience particulièrement réussie. Elle estime avoir pleinement profité de cette journée.
Kailee, en terminale STMG au lycée La Mennais, n’a ressenti aucun stress, bien qu’elle ne se soit pas entraînée bien plus que les autres. Elle était simplement contente d’avoir participé et d’avoir pu se défouler.
Tout le monde n’a pas eu cette sérénité. Au lycée Samuel Raapoto, Iliana et Manon, en terminale A, ont participé à l’aventure avec diverses appréhensions, Emy, en terminale C, a ressenti du stress et un peu de peur, tout en essayant de se mettre en forme pour la course.
Au CLM, Iseult, Layanna, Maeva et Kimiko, des filles de terminale, se sont senties stressées et complètement dépassées par la situation. Elles l’ont dit sans détour avec une pointe d’humour, et ce n’est pas la moindre des performances.
Au-delà du chrono, le cross a un sens que les élèves citent souvent. Il rapproche des établissements et des districts qui se croisent rarement. Il permet aux meilleurs de se confronter à ceux des autres écoles, et à tous de se rassembler autour de nouveaux projets et de nouvelles courses, ainsi que sensibiliser grâce à cette journée santé. Représenter son établissement, c’est aussi une façon de rendre fier son école et sa famille.
Reste à savoir comment on fait tenir tout ce monde au même endroit. J’ai posé la question à Gilles Vega, l’un des organisateurs, et surtout le président de L’USSP. Il résume l’importance du cross en une seule phrase : « Le jeu prime sur l’enjeu. »
Le cross correspond aux finales des courses, explique-t-il : un rendez-vous entre les meilleurs et l’occasion de se mesurer les uns aux autres. C’est une rencontre organisée pour les élèves et « par » les élèves, ce qui leur apprend à prendre des responsabilités.
Tous les participants partagent les mêmes valeurs, les mêmes traitements, le même soutien de leurs amis, leurs camarades, leurs professeurs.
Ces derniers, eux, ont joué le jeu à fond : ils sont des acteurs essentiels au bon déroulement de l’événement. L’organisation était au rendez-vous et tout le monde a répondu présent. Cet engagement collectif, porté notamment par le CSSU et L’USSP, est, selon lui, une richesse et une preuve de solidarité.
Tout n’a pas été simple pour autant. Le premier casse-tête, c’est le transport : entre les bus, les différents collèges et lycées, ainsi que le transport du matériel, c’est un véritable enfer.
Le cross se déroule dans un espace public et mobilise entre 250 et 600 élèves selon les courses, soit environ 850 élèves au total, auxquels s’ajoutent 150 professeurs.
Le deuxième, c’est le financement, la principale contrainte de l’organisation. Le troisième, c’est la diversité des publics, aux profils très variés. Il faut pourtant rester fidèle aux objectifs : renforcer la culture polynésienne, favoriser la cohésion et partager cette culture.
À la fin de la journée, personne ne parlait de chronos. On parlait du trac, des gagnants, de nos amis, des surprises et des nouveaux amis rencontrés en chemin.
Rendez-vous à la prochaine édition, avec le même soleil, moins de pluie, plus d’entraînements, des sourires et de rires.
Hoarai Witmann Reporter CLM








